
Il y a donc deux regards différents pour le même objet. Ils ont été tous deux présents dans la journée de travail installée le 17 juin par le club ASE. La mise en place d’une organisation issue d’un projet « politique » est une force venue de l’extérieur, sur laquelle se greffe un quotidien institutionnel ; mais, celui-ci prend souvent, pour le politique ou le gestionnaire, l’allure d’une
« boite noire » dont on ignore tout des mécanismes (si je puis dire « intimes »), comme des modalités qui produisent ces dysfonctionnements spectaculaires que l’on connait aujourd’hui. Le discours du praticien, quand il s’applique à mesurer les détails qui tissent la vie en institution tout en s’adressant au gestionnaire ou au politique, produit de la reconnaissance ; ce qui faisait boite noire peut alors faire sens. En miroir le discours de l’administratif ou du politique, quand il s’adresse au praticien, permet à celui-ci une mise en perspective : l’institution n’est pas un objet clôturé, immobile dans un monde stable, mais un ensemble en mouvement dont on peut comprendre qu’il répond à un objectif et qu’il rencontre des obstacles externes à franchir.
Deux discours croisés tenus par plusieurs interlocuteurs, selon le modèle mis en place le 17 juin, permettent la reconnaissance réciproque d’une dualité de point de vue que l’on rend alors compatibles.
par Paul FUSTIER
Professeur émérite de Psychologie à l'Université Lumière-Lyon 2


